Création 2011
Ce diptyque vidéo tend à satisfaire un instinct de destruction au travers duquel surgit une indicible volonté de se sentir vivant. Et une tendre fascination pour la mort, naturelle et hors de
nous.
C’est à travers la réalisation en temps réel d’un vêtement, puis dans l’abandon à une destruction par le feu ou l’eau : « élémentaire », amorcée et voulue que l’instinct se
réveille.
L’acte de destruction n’a de valeur que confronté à une construction, on assiste alors à la confrontation de deux temps : celui, laborieux, à échelle humaine ; majestueusement supplanté
par le temps élémentaire de la destruction.
Invoqué comme lors d’un sacrifice, l’élément reconcilie art ( artefact) et nature en une fascinante agonie.
La destruction amorcée par la main humaine, mais laissée à l’intelligence non maîtrisée de l’élémentaire, laisse derrière elle non plus l’objet , mais l’idée de l’objet, sa trace, icône de notre
propre mortalité.
Face à cette fascination : le vêtement. L’habit. La robe. Comme lieu de corps, lieu de l’humain, lieu de vie.
Cette destruction de l’habitat du corps devient ainsi le symbole de notre présence éphémère dans le temps. Un moyen onirique de nous ramener à notre mort quotidienne, et à la nécessité d’être chaque instant.
Chapitre 1 : Incinérance
Création / Costume Marlène Rocher
Prise de vue / Réalisation Sarah Gouze & Stéphane Privat
Création musicale Jacques Chevrel